Archives de août, 2015

(article que j’ai publié dans le journal de mon lycée, témoignant de mon amour pour les contes de fées traditionnels, mélange de merveilleux et de glauque, et leur influence sur mon univers) 

Le côté sombre des contes de fée

On a tous déjà, quand on était encore de jeunes enfants, demandé une histoire à nos parents avant de dormir. Et il se peut aussi que certains lecteurs le fassent toujours (n’ayez pas honte allons !) ! Mais saviez-vous que nos héros de toujours, ceux qu’on a voulu imité, ceux dont les histoires ont été maintes fois reprises (oui, je pense à vous monsieur Disney), ceux qui nous ont fait rêvé n’étaient en fait que monstres et personnages sanguinaires ? Effectivement, bien avant les dessins-animés et autres films mièvres, les contes de fées étaient partagés à l’oral, de bouche à oreille, puis par écrit dès le XVIIème siècle avec l’apparition de grands auteurs tel que les frères Grimm ou encore Charles Perrault. Et à cette époque, ces histoires fantastiques étaient davantage destinées à un public adulte bien qu’adaptés plus tard pour les enfants. Elles avaient pour but d’apprendre une valeur au lecteur tel que l’obéissance ou le courage. Et disons que tous les moyens étaient bons pour faire comprendre les choses à ne pas faire et ces contes de fées que l’on connait roses et gaies étaient vites plongés dans une ambiance glauque, sanglante voir complétement malsaine. Voici donc un petit classement des contes de fées les plus effrayants, je vous assure que vous ne verrez plus Cendrillon du même œil après…


La Barbe bleue :

La Barbe bleue est sans hésiter le conte qui arrive en tête du cortège. Son histoire, dont la version la plus connue est celle de Charles Perrault, n’a pas trop changé au fil des siècles… Mais quelle histoire ! Un riche homme à la barbe bleue égorge tour à tour ses femmes quand celles-ci lui désobéissent en allant dans une pièce défendue du château. Pièce dans laquelle il range les cadavres de ses anciennes femmes, les accrochant le long des murs. Que voulez-vous, Barbe bleue aime l’ordre… Ça en fait donc un des contes les plus macabres, défiant l’histoire de Jack l’éventreur… Notez que certains l’interprètent comme une mise en garde contre l’adultère qui pourrait tenter certaines femmes. Mais bon, la mise à mort, c’est un poil exagéré comme punition…

Barbe bleue - Edmund Evans, vers 1888

Barbe bleue – Edmund Evans, vers 1888


Le petit chaperon rouge :

Le Petit Chaperon rouge des frères Grimm est déjà un conte pas rassurant. Un loup mange la petite fille et sa grand-mère mais tout finit bien puisque qu’un bûcheron vient les sauver. Par contre, pour Perrault, le chaperon rouge est dévorée par le loup et…c’est finit… Pas de fin heureuse… Surtout qu’avant d’être un conte triste, celui-ci visait plus à mettre en garde contre les prédateurs sexuels, incarnés par le loup… Mais la version moyenâgeuse est sûrement la plus horrifique… Quand le loup mange la grand-mère, il prend soin d’en garder de côté… Quand le Chaperon arrive, le loup l’invite à manger un peu de viande et de boire une gorgée de vin… Innocemment, la fillette mange donc un peu de la chaire de sa grand-mère et bois un peu de son sang (elle se questionne tout de même sur les dents présentes sur la carcasse mais le loup lui dit que ce sont des haricots… Alors dans ce cas…). Bonne nuit les enfants…

« Elle était bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé ». Illustration de Gustave Doré.


Cendrillon :

Cendrillon n’a, de premier abord, rien de terrifiant. Nous connaissons tous la version de Perrault : une pauvre fille, Cendrillon, maltraitée par sa belle-mère et ses deux filles se fait aider d’une fée pour pouvoir aller à un bal organisé par le prince du royaume. Elle passe donc une magnifique soirée à danser avec le jeune homme et se sauve, laissant tomber une de ses pantoufles de verre, avant que sa marâtre ne se rende compte de sa présence. Le lendemain, le prince fait essayer la chaussure à toutes les filles de la région et retrouve Cendrillon qui pardonne vite à ses belles-sœurs et tout est bien qui finit bien. Cependant, dans la version des Grimm, les belles-sœurs ne s’en sorte pas si bien. Tout d’abord, elles se mutilent le pied, se coupant orteil et talons, pour que celui-ci rentre dans la pantoufle de verre. Puis, sur le chemin du mariage de Cendrillon, elles se font toutes deux crever les deux yeux par des corbeaux. Bien fait pour elles…

Illustration de Gustave Doré

Illustration de Gustave Doré


Blanche Neige :

Blanche-Neige est tout aussi cruel que Cendrillon. Ecrit par les frères Grimm, il foisonne de détails sordides. Rappelons les faits : une reine jalouse de la beauté de sa belle-fille envois un chasseur la tuer. Celui-ci l’abandonne finalement dans la forêt où elle fait la connaissance de sept nains qui l’hébergèrent. Apprenant sa survie, la reine essaye de tuer par trois fois Blanche-Neige avant de réussir à l’endormir grâce à une pomme empoisonnée. Or, un prince  passe par là, tape dans le cercueil ce qui débloque de morceau de pomme de la gorge de la princesse, et tout le monde est heureux… Dans la version originale, pas de fin triste… Tout du moins, pas pour Blanche-neige… Pour la méchante reine cependant… Celle-ci est condamnée à danser avec des chaussures de métal chauffées à blanc aux pieds jusqu’à ce que mort s’en suive… Et n’oublions pas que la reine demande au chasseur de ramener le cœur de Blanche-Neige ! Mais ce n’est pas pour faire un presse-papier… Oh non ! C’est tout simplement pour le dévorer… Pourquoi ? Voilà une très bonne question…

La méchante reine devant son miroir magique. Illustration allemande de Franz Jüttner, 1905.

La méchante reine devant son miroir magique. Illustration allemande de Franz Jüttner, 1905.


La petite sirène :

La petite sirène est l’un des dessins-animés qui a bercé l’enfance de beaucoup de personne. Mais ce film d’animation à vraiment vraiment édulcoré le conte d’Andersen. L’histoire que l’on connait : une sirène, du nom d’Ariel, veut devenir humaine afin de conquérir le cœur d’un prince. Elle se rend donc chez la sorcière des mers qui lui donne des jambes contre sa voix, lui disant qu’une fois sur terre, elle devra embrasser le prince avant trois jours. Dans le cas contraire, son âme lui appartiendra. Or, la petite sirène y arrive et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. Sauf qu’Andersen, lui, n’avait pas prévu les choses comme ça. Tout d’abord, la sorcière tranche la langue d’Ariel. Puis, une fois humaine, celle-ci aura l’impression de marcher sur des couteaux à chaque pas qu’elle fera. Enfin, l’échec a une toute autre répercussion dans le conte original : si elle ne conquit pas le prince, la jeune femme se transformera en écume et disparaîtra pour toujours. Et ce qui devait arriver arriva : le prince partit pour une autre et Ariel fait maintenant partie du passé… Merci Andersen pour cette fin aussi déprimante que celle de Titanic…

La Petite Sirène, illustration de Vilhelm Pedersen

La Petite Sirène, illustration de Vilhelm Pedersen


Boucle d’or et les trois ours :

Boucle d’or est quand même une peste : elle rentre dans une maison qu’elle ne connait pas (pas de bol, c’est celle des trois ours), elle essaye leurs chaises, mange leur nourriture, dort dans leurs lits… Bon, dans la version des frères Grimm, quand les ours rentrent, la fillette se sauve par la fenêtre, ni vu ni connu… Mais si on remonte plus loin, les ours ne laissent pas le temps à l’enfant de se sauver : ils la déchiquètent avant de la dévorer… Mais si on remonte encore plus loin, la fillette se transforme en vieille femme folle qui cherche un abri et la fin change en fonction des versions. L’une dit qu’elle saute par la fenêtre et meurs, le cou brisé… L’autre est un poil plus théâtrale : après avoir essayé de la noyer et de la brûler vive, les ours finissent par l’empaler sur le clocher de l’église du village… Une mort propre et nette quoi…

Illustration par Arthur Rackham pour l’English Fairy Tales (1918) de Flora Annie Steel.

Illustration par Arthur Rackham pour l’English Fairy Tales (1918) de Flora Annie Steel.


J’aurais adoré-vous conter l’histoire du cannibalisme dans Hansel et Gretel, du viol dans La Belle au bois dormant, du génocide d’enfant dans Le joueur de flute d’Hamelin ou encore de l’abandon du Petit Poucet. Mais il est grand temps pour vous de dormir… Mais la prochaine fois, n’hésitez pas à m’appeler si vous êtes insomniaque, un conte traditionnel vous fera facilement fermer l’œil…

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N’aie pas peur, ma belle, n’aie pas peur…

Texte gothique, hommage personnel à Poe, tue l’ennui écrit en cours de mathématique, mais avant tout histoire d’amour malsaine…

(Vous pourrez aussi découvrir tout cela ici !)

Comme toujours, n’hésitez pas à me donner votre avis…


Le lit éternel

N’aie pas peur, ma belle, n’aie pas peur.

Je reste auprès de toi, tout près de toi, et rien ne pourra t’atteindre dans ta prison de bois, ni la mort, ni le froid.

Le vent souffle dehors mais dors, toi, dors. Je guette, je surveille, je protège ton visage paisible recouvert de ce voile angélique. Les ombres paraissent menaçantes à la lueur des cierges mais ce n’est qu’une illusion. Tu peux te reposer en paix, rien n’existe ici, ni la peur, ni le danger.

Ton cœur qui bat lourdement entre ces murs glacés suffit seul à me consoler de la nuit qui s’infiltre lentement, avec une douceur inquiétante, entre les barreaux rouillés de la porte branlante. Ce rythme apaisant éclipse le reste, tout le reste. J’oublie les hurlements du temps, les cris nocturnes, et les enfouis dans une amnésie sombre pour mieux contempler la pâleur de tes joues.

Allons, étouffe ces doux gémissements, fige ces lèvres tremblantes et aime-moi. Aime-moi comme je t’aime et, dans le rêve où ta conscience t’a emmenée, veille sur moi. Rien ne nous séparera, ni la pénombre, ni la brise glaciale, ni l’écho de ce tombeau silencieux.

Le tonnerre gronde à l’extérieur, tes paupières frémissent nerveusement. Laisse-moi te garder, mon amour. Pressé contre ton cœur battant, partageant ton lit éternel, je saurai te consoler de la frayeur de la nuit, de la mort, de l’amour. Alors, je resterai immobile et pour toujours, éploré contre ton corps froid. Et ma voix, dans un faible filet de mots indistincts, susurrera à tes oreilles closes :

N’aie pas peur, ma belle, n’aie pas peur. Je suis là.

Image en creative common de Bob Jagendorf (lien en description)

Image en creative common de Bob Jagendorf (lien en description)

Comptine d’une nuit d’hiver

Petit récit personnalisé que j’ai offert à une charmante utilisatrice d’un forum d’écriture dans le cadre d’un swap de Noël… Et je peux vous garantir que c’est bel et bien une histoire de fou…

Vous pouvez la lire ici !

Résumé :

Comptine d’une nuit d’hiver,
Secret d’une vie glacée,
Effroi d’un cœur perdu…

Image en creative common de Dirk-Jan Kraan (lien en description)

Image en creative common de Dirk-Jan Kraan (lien en description)

Un thriller adolescent à déguster les lèvres scellées

Découvrez l’angoissant destin de quatre adolescents aux mains rouges, et enfoncez vous dans la paranoïa du secret qui les lie… Entre humour et suspense, vous ne saurez plus où se situe la frontière entre le bien et le mal tant vos repères seront chamboulés…
Ce roman, le premier d’une trilogie, est gratuitement lisible et téléchargeable sur le lien Atramenta présent si dessous…
Il est corrigé mais une deuxième relecture est en cours, j’espère donc en attendant qu’aucune faute ne gênera votre aventure…
Je ne peux que vous souhaiter une bonne lecture et vous conseiller de rester muets comme une tombe…

…motus et bouche cousue…

http://www.atramenta.net/lire/motus-et-bouches-cousues/52803

Résumé :

« Nous sommes tous des malades mentaux. » – Stephen King

Lorsqu’on est adolescent, notre petit jardin secret est un endroit qui nous tient particulièrement à cœur, un endroit qui justifie mensonges et apparences trompeuses. Mais c’est aussi un lieu dur à entretenir, surtout lorsque nous sommes dans la même situation que nos quatre personnages pourtant sans histoires, lorsque la frontière entre le bien et le mal est mince, et lorsque nous devons nous poser la fatidique question : jusqu’où irions nous pour dissimuler un cadavre ?

Vous ne sortirez pas indemnes de la première partie de cette trilogie où les esprits grotesques côtoient les esprits malades et où la folie ne cesse de menacer l’innocence. Soyez sûrs d’une unique chose : à la fin de votre lecture, une seule interrogation subsistera dans votre crâne. Etes-vous sains d’esprit ?

Image en creative commons d'Andrés Nieto Porras (lien en description)

Image en creative commons d’Andrés Nieto Porras (lien en description)

(Le site venant tout juste d’ouvrir, de nombreuses catégories sont inexistantes ou incomplètes… La présentation qui va suivre correspond au rendu final. Je vous invite donc à jeter un œil à ce site (c’est une expression, hein) mais à revenir plus tard pour profiter pleinement de son contenu… Merci de votre compréhension et bonne visite au sein de l’insanité !)

Qui que vous soyez, détraqués ou sains d’esprit, bienvenue dans l’antre du fou…

Ici, aucune camisole de force, aucune cellule capitonnée, seulement de l’encre, des mots et des sueurs froides…

Vous découvrirez ici mes diverses productions écrites, l’univers que je me suis construit et mes sources d’inspiration, aussi variées et dingues soient-elles…

Tous mes récits sont publiés sur Atramenta, gratuitement lisibles et téléchargeables, même en hôpital psychiatrique (si si, je vous assure, on a essayé) ! A mi-chemin entre l’horreur et l’humour noir, vous aurez le choix entre petites nouvelles vite dévorées et romans plus longs mais (je l’espère) tout aussi agréables… Je vous invite d’ailleurs à consulter la catégorie Motus et bouches cousues qui vous présentera mon premier gros roman fraichement fini !

Bien entendu, chers visiteurs, vous êtes chaleureusement invités à me donner votre avis (aussi gentil ou méchant soit-il) dans les commentaires, que ça soit sur mes récits ou sur tout autre chose… Ca me fera extrêmement plaisir (…normalement) !

Dans la peur de trop en dire, je vais me taire et vous laisser voyager dans ma petite cabane d’auteur aliéné !

Je n’ai plus qu’une seule chose à vous dire : bonne torture lecture !

Photo en creative common de Luca Rossato (lien en description)

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