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Si certains films me plaisent autant, c’est en grande partie grâce à leurs bandes originales qui me permettent de m’évader, presque aussi importantes que le scénario ou les acteurs… Un mauvais film peut tout à fait me charmer si le compositeur a fait preuve de sensibilité dans ses partitions, la musique m’aidant beaucoup à entrer plus facilement dans le film et son intrigue…

Et une des astuces les plus efficaces pour exciter mon imagination, c’est tout simplement de me plonger dans des univers musicaux via des morceaux instrumentaux et sans parole (qui pourraient me déconcentrer)… Quoi de plus approprié que les musiques de film ? Je me permet donc de partager avec vous quelques belles OST (ou BO en français, c’est selon) de certains films que je n’ai, pour certains, même pas vus…

Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet, musique de Yan Tiersen :

Un sentiment de bonheur qui gonfle nos poumons, une harmonie parfaite entre Notre Dame et sa voisine Eiffel, des rues pavées envahies par les valseurs, un bal populaire juste avant la tombée de la nuit, juste avant la solitude des places envahies d’ombre, juste avant la fermeture des cabarets encore illuminés, juste avant le festin des chats noirs errant sous la lune de Montmartre… Un peu cliché mais tellement magique !

Requiem for a dream de  Darren Aronofsky, musique de Clint Mansell :

Exemple parfait du film que je n’ai pas vu mais dont la musique, très connue d’ailleurs, m’envoute… Des violons stridents, un rythme violent, une mélodie qui se répète sans cesse : tous ce qu’il faut pour musicaliser la tourmente du secret et du mensonge… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Motus et bouches cousues

Les Autres d’Alejandro Amenabar, musique d’Alejandro Amenabar :

Malheureusement beaucoup moins connue (à tort), cette musique est une véritable usine à émotion tant elle respire le désespoir… Loin de l’ambiance pesante du film qui est d’ailleurs génialissime, elle est plutôt lancinante et mélancolique… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Dans la maison de ma tante

Desperate Houseviwe de Marc Cherry, musique de Steve Jablonsky :

Petit intrus dans cette liste, cette série (certes commerciale) en plus d’être très bonne, a une musique originale mélangeant mystère et burlesque, un véritable défi… La musique ci-dessus colle vraiment aux situations stressantes où l’agitation nerveuse est partout, comme lorsqu’on essaye de cacher quelque chose (un cadavre ?) à la dernière minute… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Motus et bouches cousues

Sherlock Holmes de Guy Ritchie, musique de Hans Zimmer :

Avez-vous déjà entendu une musique aussi forte, aussi entraînante, aussi rythmée ? Voilà qui est parfait pour les courses poursuites, les actions vives ou les moments où toutes les vérités sont dévoilées… (l’apparition des violons presque « gitans » vers la fin est fabuleuse)

Moonrise Kingdom de Wes Anderson, musique d’Alexandre Desplat :

Féérique, magique, envoutant, ce morceau me fait voyager et évoque parfaitement, un peu comme avec la musique de Sherlock Holmes, l’effet boule de neige avec son rythme fort… Alexandre Desplat et son art farfelu fait décidément bon ménage avec Wes Anderson !

Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, musique de Javier Navarrete :

Tendre et mélancolique, cette berceuse incarne à elle seule l’identité enfantine et merveilleuse du film… Un régale pour les oreilles, un régale pour le cœur, ce morceau ouvre en quelque sorte les portes de la sensibilité… Je l’ai utilisé lors de l’écriture de Dans la maison de ma tante

Cette liste est susceptible de s’agrandir avec l’avenir, et rappelez vous qu’elle exclue toute Bande Originale chantée (donc la plupart des musiques Disney qui sont pourtant intéressantes). Danny Elfman manque à l’appel alors que je suis un fan inconditionnel de ce qu’il fait (que ça soit avec Burton ou non) : rien d’inquiétant, je lui consacrerais un article complet tant chacun de ses morceaux est un bijou…

J’espère vous avoir fait découvrir certains compositeurs, voir certains films…

N’hésitez pas à me conseiller d’autres OST dans les commentaires, j’irais les écouter attentivement…

(article que j’ai publié dans le journal de mon lycée, témoignant de mon amour pour les contes de fées traditionnels, mélange de merveilleux et de glauque, et leur influence sur mon univers) 

Le côté sombre des contes de fée

On a tous déjà, quand on était encore de jeunes enfants, demandé une histoire à nos parents avant de dormir. Et il se peut aussi que certains lecteurs le fassent toujours (n’ayez pas honte allons !) ! Mais saviez-vous que nos héros de toujours, ceux qu’on a voulu imité, ceux dont les histoires ont été maintes fois reprises (oui, je pense à vous monsieur Disney), ceux qui nous ont fait rêvé n’étaient en fait que monstres et personnages sanguinaires ? Effectivement, bien avant les dessins-animés et autres films mièvres, les contes de fées étaient partagés à l’oral, de bouche à oreille, puis par écrit dès le XVIIème siècle avec l’apparition de grands auteurs tel que les frères Grimm ou encore Charles Perrault. Et à cette époque, ces histoires fantastiques étaient davantage destinées à un public adulte bien qu’adaptés plus tard pour les enfants. Elles avaient pour but d’apprendre une valeur au lecteur tel que l’obéissance ou le courage. Et disons que tous les moyens étaient bons pour faire comprendre les choses à ne pas faire et ces contes de fées que l’on connait roses et gaies étaient vites plongés dans une ambiance glauque, sanglante voir complétement malsaine. Voici donc un petit classement des contes de fées les plus effrayants, je vous assure que vous ne verrez plus Cendrillon du même œil après…


La Barbe bleue :

La Barbe bleue est sans hésiter le conte qui arrive en tête du cortège. Son histoire, dont la version la plus connue est celle de Charles Perrault, n’a pas trop changé au fil des siècles… Mais quelle histoire ! Un riche homme à la barbe bleue égorge tour à tour ses femmes quand celles-ci lui désobéissent en allant dans une pièce défendue du château. Pièce dans laquelle il range les cadavres de ses anciennes femmes, les accrochant le long des murs. Que voulez-vous, Barbe bleue aime l’ordre… Ça en fait donc un des contes les plus macabres, défiant l’histoire de Jack l’éventreur… Notez que certains l’interprètent comme une mise en garde contre l’adultère qui pourrait tenter certaines femmes. Mais bon, la mise à mort, c’est un poil exagéré comme punition…

Barbe bleue - Edmund Evans, vers 1888

Barbe bleue – Edmund Evans, vers 1888


Le petit chaperon rouge :

Le Petit Chaperon rouge des frères Grimm est déjà un conte pas rassurant. Un loup mange la petite fille et sa grand-mère mais tout finit bien puisque qu’un bûcheron vient les sauver. Par contre, pour Perrault, le chaperon rouge est dévorée par le loup et…c’est finit… Pas de fin heureuse… Surtout qu’avant d’être un conte triste, celui-ci visait plus à mettre en garde contre les prédateurs sexuels, incarnés par le loup… Mais la version moyenâgeuse est sûrement la plus horrifique… Quand le loup mange la grand-mère, il prend soin d’en garder de côté… Quand le Chaperon arrive, le loup l’invite à manger un peu de viande et de boire une gorgée de vin… Innocemment, la fillette mange donc un peu de la chaire de sa grand-mère et bois un peu de son sang (elle se questionne tout de même sur les dents présentes sur la carcasse mais le loup lui dit que ce sont des haricots… Alors dans ce cas…). Bonne nuit les enfants…

« Elle était bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé ». Illustration de Gustave Doré.


Cendrillon :

Cendrillon n’a, de premier abord, rien de terrifiant. Nous connaissons tous la version de Perrault : une pauvre fille, Cendrillon, maltraitée par sa belle-mère et ses deux filles se fait aider d’une fée pour pouvoir aller à un bal organisé par le prince du royaume. Elle passe donc une magnifique soirée à danser avec le jeune homme et se sauve, laissant tomber une de ses pantoufles de verre, avant que sa marâtre ne se rende compte de sa présence. Le lendemain, le prince fait essayer la chaussure à toutes les filles de la région et retrouve Cendrillon qui pardonne vite à ses belles-sœurs et tout est bien qui finit bien. Cependant, dans la version des Grimm, les belles-sœurs ne s’en sorte pas si bien. Tout d’abord, elles se mutilent le pied, se coupant orteil et talons, pour que celui-ci rentre dans la pantoufle de verre. Puis, sur le chemin du mariage de Cendrillon, elles se font toutes deux crever les deux yeux par des corbeaux. Bien fait pour elles…

Illustration de Gustave Doré

Illustration de Gustave Doré


Blanche Neige :

Blanche-Neige est tout aussi cruel que Cendrillon. Ecrit par les frères Grimm, il foisonne de détails sordides. Rappelons les faits : une reine jalouse de la beauté de sa belle-fille envois un chasseur la tuer. Celui-ci l’abandonne finalement dans la forêt où elle fait la connaissance de sept nains qui l’hébergèrent. Apprenant sa survie, la reine essaye de tuer par trois fois Blanche-Neige avant de réussir à l’endormir grâce à une pomme empoisonnée. Or, un prince  passe par là, tape dans le cercueil ce qui débloque de morceau de pomme de la gorge de la princesse, et tout le monde est heureux… Dans la version originale, pas de fin triste… Tout du moins, pas pour Blanche-neige… Pour la méchante reine cependant… Celle-ci est condamnée à danser avec des chaussures de métal chauffées à blanc aux pieds jusqu’à ce que mort s’en suive… Et n’oublions pas que la reine demande au chasseur de ramener le cœur de Blanche-Neige ! Mais ce n’est pas pour faire un presse-papier… Oh non ! C’est tout simplement pour le dévorer… Pourquoi ? Voilà une très bonne question…

La méchante reine devant son miroir magique. Illustration allemande de Franz Jüttner, 1905.

La méchante reine devant son miroir magique. Illustration allemande de Franz Jüttner, 1905.


La petite sirène :

La petite sirène est l’un des dessins-animés qui a bercé l’enfance de beaucoup de personne. Mais ce film d’animation à vraiment vraiment édulcoré le conte d’Andersen. L’histoire que l’on connait : une sirène, du nom d’Ariel, veut devenir humaine afin de conquérir le cœur d’un prince. Elle se rend donc chez la sorcière des mers qui lui donne des jambes contre sa voix, lui disant qu’une fois sur terre, elle devra embrasser le prince avant trois jours. Dans le cas contraire, son âme lui appartiendra. Or, la petite sirène y arrive et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. Sauf qu’Andersen, lui, n’avait pas prévu les choses comme ça. Tout d’abord, la sorcière tranche la langue d’Ariel. Puis, une fois humaine, celle-ci aura l’impression de marcher sur des couteaux à chaque pas qu’elle fera. Enfin, l’échec a une toute autre répercussion dans le conte original : si elle ne conquit pas le prince, la jeune femme se transformera en écume et disparaîtra pour toujours. Et ce qui devait arriver arriva : le prince partit pour une autre et Ariel fait maintenant partie du passé… Merci Andersen pour cette fin aussi déprimante que celle de Titanic…

La Petite Sirène, illustration de Vilhelm Pedersen

La Petite Sirène, illustration de Vilhelm Pedersen


Boucle d’or et les trois ours :

Boucle d’or est quand même une peste : elle rentre dans une maison qu’elle ne connait pas (pas de bol, c’est celle des trois ours), elle essaye leurs chaises, mange leur nourriture, dort dans leurs lits… Bon, dans la version des frères Grimm, quand les ours rentrent, la fillette se sauve par la fenêtre, ni vu ni connu… Mais si on remonte plus loin, les ours ne laissent pas le temps à l’enfant de se sauver : ils la déchiquètent avant de la dévorer… Mais si on remonte encore plus loin, la fillette se transforme en vieille femme folle qui cherche un abri et la fin change en fonction des versions. L’une dit qu’elle saute par la fenêtre et meurs, le cou brisé… L’autre est un poil plus théâtrale : après avoir essayé de la noyer et de la brûler vive, les ours finissent par l’empaler sur le clocher de l’église du village… Une mort propre et nette quoi…

Illustration par Arthur Rackham pour l’English Fairy Tales (1918) de Flora Annie Steel.

Illustration par Arthur Rackham pour l’English Fairy Tales (1918) de Flora Annie Steel.


J’aurais adoré-vous conter l’histoire du cannibalisme dans Hansel et Gretel, du viol dans La Belle au bois dormant, du génocide d’enfant dans Le joueur de flute d’Hamelin ou encore de l’abandon du Petit Poucet. Mais il est grand temps pour vous de dormir… Mais la prochaine fois, n’hésitez pas à m’appeler si vous êtes insomniaque, un conte traditionnel vous fera facilement fermer l’œil…