Archives de septembre, 2015

Si certains films me plaisent autant, c’est en grande partie grâce à leurs bandes originales qui me permettent de m’évader, presque aussi importantes que le scénario ou les acteurs… Un mauvais film peut tout à fait me charmer si le compositeur a fait preuve de sensibilité dans ses partitions, la musique m’aidant beaucoup à entrer plus facilement dans le film et son intrigue…

Et une des astuces les plus efficaces pour exciter mon imagination, c’est tout simplement de me plonger dans des univers musicaux via des morceaux instrumentaux et sans parole (qui pourraient me déconcentrer)… Quoi de plus approprié que les musiques de film ? Je me permet donc de partager avec vous quelques belles OST (ou BO en français, c’est selon) de certains films que je n’ai, pour certains, même pas vus…

Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet, musique de Yan Tiersen :

Un sentiment de bonheur qui gonfle nos poumons, une harmonie parfaite entre Notre Dame et sa voisine Eiffel, des rues pavées envahies par les valseurs, un bal populaire juste avant la tombée de la nuit, juste avant la solitude des places envahies d’ombre, juste avant la fermeture des cabarets encore illuminés, juste avant le festin des chats noirs errant sous la lune de Montmartre… Un peu cliché mais tellement magique !

Requiem for a dream de  Darren Aronofsky, musique de Clint Mansell :

Exemple parfait du film que je n’ai pas vu mais dont la musique, très connue d’ailleurs, m’envoute… Des violons stridents, un rythme violent, une mélodie qui se répète sans cesse : tous ce qu’il faut pour musicaliser la tourmente du secret et du mensonge… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Motus et bouches cousues

Les Autres d’Alejandro Amenabar, musique d’Alejandro Amenabar :

Malheureusement beaucoup moins connue (à tort), cette musique est une véritable usine à émotion tant elle respire le désespoir… Loin de l’ambiance pesante du film qui est d’ailleurs génialissime, elle est plutôt lancinante et mélancolique… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Dans la maison de ma tante

Desperate Houseviwe de Marc Cherry, musique de Steve Jablonsky :

Petit intrus dans cette liste, cette série (certes commerciale) en plus d’être très bonne, a une musique originale mélangeant mystère et burlesque, un véritable défi… La musique ci-dessus colle vraiment aux situations stressantes où l’agitation nerveuse est partout, comme lorsqu’on essaye de cacher quelque chose (un cadavre ?) à la dernière minute… Je l’ai utilisée lors de l’écriture de Motus et bouches cousues

Sherlock Holmes de Guy Ritchie, musique de Hans Zimmer :

Avez-vous déjà entendu une musique aussi forte, aussi entraînante, aussi rythmée ? Voilà qui est parfait pour les courses poursuites, les actions vives ou les moments où toutes les vérités sont dévoilées… (l’apparition des violons presque « gitans » vers la fin est fabuleuse)

Moonrise Kingdom de Wes Anderson, musique d’Alexandre Desplat :

Féérique, magique, envoutant, ce morceau me fait voyager et évoque parfaitement, un peu comme avec la musique de Sherlock Holmes, l’effet boule de neige avec son rythme fort… Alexandre Desplat et son art farfelu fait décidément bon ménage avec Wes Anderson !

Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, musique de Javier Navarrete :

Tendre et mélancolique, cette berceuse incarne à elle seule l’identité enfantine et merveilleuse du film… Un régale pour les oreilles, un régale pour le cœur, ce morceau ouvre en quelque sorte les portes de la sensibilité… Je l’ai utilisé lors de l’écriture de Dans la maison de ma tante

Cette liste est susceptible de s’agrandir avec l’avenir, et rappelez vous qu’elle exclue toute Bande Originale chantée (donc la plupart des musiques Disney qui sont pourtant intéressantes). Danny Elfman manque à l’appel alors que je suis un fan inconditionnel de ce qu’il fait (que ça soit avec Burton ou non) : rien d’inquiétant, je lui consacrerais un article complet tant chacun de ses morceaux est un bijou…

J’espère vous avoir fait découvrir certains compositeurs, voir certains films…

N’hésitez pas à me conseiller d’autres OST dans les commentaires, j’irais les écouter attentivement…

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( A retrouver aussi ici ! )

Bien, je me dois de vous faire un aveu : plus jeune, alors que je sortais à peine de la maternelle, je ne possédais aucune petite voiture, aucun pistolet. Au contraire, je demandais fréquemment à mes parents des poupées au même des robes de princesse. Je ne m’en cache pas, pour moi ce n’est pas une honte, j’étais seulement « différent ». Or non ! Je n’étais pas différent ! C’était plutôt eux, les autres, qui me trouvaient étranges, anormal, voir odieux. Les adultes le gardaient bien évidemment pour eux, l’air gêné, mais les enfants sont cruels, vous le savez bien…

Mais ne peut-on pas éduquer un enfant sans vouloir décider à sa place ? Apparemment, non. Car, voyez-vous, un enfant qui, préconçu pour le bleu, se tourne vers le rose, c’est indéniablement que quelque chose a raté, que nous, parents, avons failli à notre tâche, que le sort s’acharne sur notre famille et que, instantanément, la honte va l’envahir… Moi qui croyais que la société avait évolué ! Comment cela se fait-il que nous ayons toujours aussi peur de ce qui sort de la norme ? Comment cela se fait-il que certaines personnes aient peur de mettre au monde un enfant qui va sortir des sentiers battus, comme les Egyptiens craignaient de créer un enfant roux ? Laissez votre enfant libre ! Laissez-le faire ses propres choix, affirmer ses goûts qui, même s’ils influencent sa vie future, ne pourront pas lui porter préjudice !

Car oui, en le privant de cette liberté, vous nuisez à votre enfant. En lui fixant des règles grotesques, il évoluera avec elles et celles-ci se transformeront en incompréhension, puis se changeront en intolérance. En intolérance face à une petite fille jouant aux cow-boys, face à un garçon s’organisant un goûter avec ses personnages imaginaires, foule qu’il préférait aux joueurs de football, croyez-en mes souvenirs d’enfance…

Autre point que l’on néglige un peu trop : l’injustice entre le sexe masculin et le sexe féminin. Effectivement, lorsqu’une fille se traine brutalement au sol, lorsqu’une fille s’essaye au bricolage, lorsqu’une fille fait du sport, on la désigne comme étant un « garçon manqué », terme non pas dénue de cruauté puisque désignant un échec. Cependant, lorsqu’un garçon s’amuse avec une tête à coiffer, lorsqu’un garçon joue à la dinette, lorsqu’un garçon ose imaginer des histoires de châteaux fantastiques, on l’accuse d’office d’être homosexuel, comme si cela était une faute, un drame, un crime ! Or, pour la famille, c’est tout une fierté qui s’écroule : grand dieu, leur fils ne sera pas un vrai garçon, espérons que le « garçon manqué » fouille dans les affaires de son frère !

Mais l’aspect le plus grave de ce blocage rétrograde est l’enseignement que l’on donne à l’enfant et l’image qu’on lui offre de la société. Dinettes, bébés, poupées, matériel de ménage, planches à repasser… Autant de jouets qui apprennent à nos chères filles qu’une femme doit avant tout être belle, savoir faire à manger, élever un enfant et faire les tâches ménagères. De l’autre côté, voitures de courses, ballons, matériel de bricolage indiquent à nos garçons que la société arrivera avec beaucoup de peine à les accepter s’ils ne sont pas forts, robustes et habiles de leurs mains. C’est à ce stade que nous remarquons le vrai problème ! A cause de ces différences, les écarts se creusent et la liberté se fait discrète. Doit-on focaliser nos derniers espoirs dans les figurines et autres aux jouets unisexes ?

Vous voyez donc que ce problème qui parait anodin est plus compliqué qu’il n’y parait. Les médias le nomment « Théorie des genres », mais je trouve terme artificiel pour un fait qui existe depuis des siècles. Un fait qui exclue des enfants, qui entraîne l’intolérance, qui creuse les inégalités entre les deux sexes, mais qui reste collé à l’arrière-plan de nos débats. Un fait qui m’indigne et qui m’entraîne à finir ce discours sur ces mots : excusez-moi, je dois partir, j’ai des poupées à habiller…

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L’horreur est humaine…

Toute petite nouvelle qui n’aura plus aucun intérêt si je vous la présente… Découvrez la par vous même, les ombres vous attendent…

(Elle se trouve aussi ici !)


Les enfants disparus

          Ce sont des ombres furtives qui semblent se déplacer comme le vent souffle, glacial et impitoyable. Allongées, portant habits de nuit et haut-de-forme spectaculaires, elles glissent dans la pénombre des rues et pénètrent sans gêne dans les demeures. Elles y restent quelques minutes, silencieuses et discrètes, puis en ressortent aussitôt, aussi vaporeuses que le brouillard. Elles portent chacune un sac de toile sombre qui se gonfle comme leur parade nocturne évolue. On cri, on pleure, on se plaint. Mais les êtres ne réagissent pas et continuent leur tournée dans une procession silencieuse. Et lorsque le soleil revient, les ombres se sauvent en dehors de la ville, prenant soin de ne laisser aucune trace d’elles. Dans les maisons, les lumières s’allument et la stupéfaction se fait, sans bruit mais violente, devant les lits vides des chérubins et la fenêtre ouverte de leurs chambres. On hurle au malade, au voleur, à l’assassin… On fouille, on cherche, on angoisse mais une semaine passée, on arrête la battue, désespérés et soumis à la mélancolie. Puis la nuit retombe, les ombres réapparaissent et les enlèvements continuent…

 

          Puis le mois d’après, un petit cirque arrive en ville, coloré et discret, s’installant près de la place centrale. Des affiches sont collées sur les murs de pierre, de la musique entêtante raisonne dans les ruelles et une odeur sucrée se repend dans l’atmosphère. Alors, les habitants y vont, dépensant leurs maigres économies pour oublier leur peur quotidienne. Ils déambulent parmi les cages, riant et s’étonnant des phénomènes présentés, des monstres horribles qui s’exhibent sous la contrainte. Ici, des frères siamois ; là, une jeune fille aux joues découpées en un long sourire ; juste à côté, quatre paires de bras pour un seul corps et là encore, une paire d’ailes noires émergeant du dos maigre d’un jeune homme. Et on montre du doigt, et on se moque de ces adolescents à moitié nus qui restent silencieux et immobiles, fuyant le regard des spectateurs. Et ils sont ridicules, les spectateurs, ils sont aussi laids que les monstres. Ils regardent leurs enfants disparus sans les reconnaître, trop défigurés pour être le fruit de leurs entrailles. Et pourtant, ils sont bien là les kidnappés, derrière les barreaux froids de leurs cellules peintes. Ils souffrent sans bruit, le visage tailladé, le corps modifié et l’esprit dévoré. Puis les habitants ignorant, leur curiosité satisfaite, partent avec le sourire aux lèvres. L’argent sonne dans la caisse et le cirque s’enfuit aussi vite qu’il est venu. Et à chaque nouvelle étape, les ombres traversent la nuit, les enfants disparaissent et la troupe de monstre s’agrandit…

Les pleurs se mêlent alors aux railleries…

Les parents retrouvent inconsciemment leurs enfants perdus et rient. Ils rient à s’en briser les côtes et à en tomber raide mort…

Car c’est bien vrai qu’ils sont drôlement horribles, leurs enfants disparus…

Aussi horribles que leurs parents…

Image en creative common de Cali4beach (lien en description)

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